Field-work : les surprises de routes, villages et aéroports

Jeudi, 29 Juin, 2017 - 17:34

Nous apprécions tous les études des marchés que Target nous livre. Certaines d’entre elles ont même fini par s’imposer comme des références dans les domaines. L’on peut citer la traditionnelle étude sur l’audience des médias en RDC ou celle sur les chiffres clés de la téléphonie mobile. Ces études sont des produits finis qui ne sont pas faits que des échanges entre enquêteurs et répondants. Plusieurs autres ingrédients sont mis à contribution pour aboutir à ce produit fini. Ces ingrédients sont parfois des anecdotes et des histoires toutes aussi invraisemblables les unes comme les autres. L’équipe de Target a ouvert son sac à anecdote et à décider d’en partager quelques-unes avec les internautes.

A l’aéroport de Goma, 30 minutes avant l’embarquement, les passagers sont obligés de serrer leurs ceintures, nous raconte Saleh Sikofu, Research Specialist. « Serrer les ceintures pas à cause des turbulences du décollage de l’avion mais plutôt à cause des turbulences d’embarquement ». En fait, nous explique-t-il, les compagnies aériennes vendent plus des billets qu’elles n’en ont des places. A côté de cela s’ajoute le fait que les politiciens et les militaires veulent à tout prix s’imposer, l’embarquement devient un véritable sprint. Vous devez faire une course d’au moins 100 mètres car l’entrée dans l’avion appartient aux violents.  

Après avoir lancé une étude à Goma, Saleh Sikofu, Research Specialist de Target  devrait se rendre à Kisangani pour lancer la même étude. Lorsqu’il débarque à Kisangani, il attend sa valise sans succès ! La compagnie ne lui fournit aucune information. Le lendemain matin, la compagnie lui informe que sa valise a été retrouvée à Kinshasa et elle ne pouvait lui être rendue que dans 48 heures. Loin de rassurer, cette information rajoute le stress et la pression car il est censé finir son travail dans les 48 heures et les questionnaires qui devaient aider à la conduite de l’enquête se trouvaient dans sa valise. Heureusement que quelques copies du questionnaire se trouvaient dans son sac à dos. Il a pu les polycopier et faire son travail. Mieux vaut prévenir que guérir.

Sarah Ngongo, Assistante de Direction nous raconte cette expérience, quand elle était enquêtrice : « lors d’une étude dans le village Pelende dans la Province de Kwango, nous avions fait 5 heures de route de Kinshasa à Pelende et le lendemain nous devrions commencer les interviews. L’une des zones d’interview se trouvait dans le quartier du guide que nous avions pris. Le guide nous a rassuré que la zone se trouvait non loin de l’hôtel où nous logions. Nous nous sommes mis en route pour la zone d’interview et curieusement,  cette zone était à près de 8 Km de notre hôtel. Nous avons dû faire toute cette distance à pied. Le guide étant un homme du terroir et habitué à faire cette distance a estimé que payer des motos était une dépense inutile. Nous obligeant à faire 8 Km à pied mais en dépit de la fatigue, il fallait travailler et retourner à l’hôtel toujours à pied.

Les études de terrains sont également une occasion de faire le tourisme et la découverte. Cedric Ohale, IT assistant raconte avec émotion les découvertes des collines vertes qui jalonnent le parcours entre Bujumbura et Gitega faites lors d’un voyage par route. Il se souvient avec émotion d’une maison construite avec le reste des laves coulant du volcan de Nyirangongo. Au contact des rayons solaires ces restes de laves brillaient comme des pierres précieuses.

Toutes ces histoires et toutes ces réalités donnent du piquant au quotidien des agents de Target et leur permet de produire des études appréciées par de nombreux partenaires à qui ils permettent de prendre de bonnes décisions.