10 ans de Target, Serge Mumbu : « Notre métier a de l’avenir parce qu’on aura toujours besoin de données et d’analyses »

Le cabinet d’étude des marchés Target a fêté lundi 11 octobre 2021 ses 10 ans d’existence. Une célébration qui intervient au moment où le monde est frappé par la pandémie de la Covid-19. Serge Mumbu, le Directeur Général de l’entreprise, explique que sa structure a dû s’adapter aux évolutions de son secteur d’activités. Dans cet entretien, il s’exprime sur les opportunités et les défis de Target, tout en restant optimiste pour l’avenir. Interview.

Target fête ses 10 ans d’existence ce lundi 11 octobre 2021. Quelle est votre plus grande satisfaction pour cette date d'anniversaire ?

Il y a quelques années, on avait tendance à nous mettre dans le même sac que les autres cabinets d’études de marchés. En RDC, c’est un secteur dans lequel on considère les résultats comme peu crédibles ou manipulés. La plus grande satisfaction aujourd’hui est que Target n’est pas considéré comme ces genres de cabinets-là. Nous sommes considérés comme un cabinet crédible. Nous recevons beaucoup d'encouragements sur les réseaux sociaux et de la part de plusieurs responsables qui nous demandent de continuer à rester crédible, sérieux et indépendant dans ce que nous faisons. Et c’est pour nous quelque-chose de très important.

Qu’est-ce qui a bien marché ces dix dernières années pour Target ?

C’est notre capacité à pouvoir nous adapter aux exigences de nos clients parce que l’industrie des études marchés a beaucoup évolué. Et les attentes également des clients ont beaucoup évolué. Nous avons pour cela assisté à des séminaires, des formations, des conférences. Un facteur qui nous a aidé à faire évoluer nos approches et méthodes de travail. L’autre aspect qui marché, c’est la communication. Nous avons fourni des efforts pour vulgariser le travail que nous faisons notamment sur les réseaux sociaux (Twitter, Linkedin, Facebook) où nous avons des milliers de followers. Ils sont régulièrement informés des activités de Target et des différentes facettes des études de marché. Nous avons suscité l’adhésion et obtenu des marchés grâce à cette communication.

Et qu’est-ce qui a marché moins bien ?

Il y a d’abord les défis des ressources humaines. Nos universités ne forment pas le personnel en termes d'études de marché. Ici, nous sommes obligés de former nous-mêmes notre personnel. Et ce n'est pas toujours évident, cela prend souvent beaucoup de temps pour que les personnes qu’on forme comprennent les principes et techniques de notre métier. Parfois, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Et il nous arrive de former des employés qui deviennent très performants et qui vont ensuite proposer leurs services à d’autres entreprises. Ceci n’est pas à notre avantage. L’autre difficulté que nous avons rencontrée est liée à l’auto-financement des études. La plupart de nos clients ne paient pas les acomptes lorsqu’ils commandent les études. Déjà que les prix sont assez réduits, mais en plus ils paient leurs factures généralement des semaines, voire des mois après que le travail leur a été livré. Cette situation nous pose des réels problèmes parce que nous avons des charges fixes à honorer mensuellement.

La Covid-19 a mis à terre plusieurs entreprises du monde. Comment vous vous en sortez ?

Nous avons connu une baisse sensible du volume d'activités et donc des commandes. Beaucoup de projets initiés avec nos partenaires ont été annulés ou revus sensiblement à la baisse. Par conséquent, nous avons dû réduire nos coûts et nos charges dont la rémunération du personnel au risque de créer de l’insatisfaction. Pour pallier ce problème lié à la pandémie du Covid-19, nous avons développé les aspects moins coûteux de notre activité. Je fais allusion ici aux enquêtes et formation en ligne, les enquêtes téléphoniques, les études documentaires, et le data-mining qu'on essaie de développer. À chaque difficulté, il y a toujours une opportunité. L'opportunité ici consiste pour nous à développer des méthodologies, des techniques, qui peuvent permettre de satisfaire les besoins de nos clients qui ont des petits budgets.

Target continue de grandir. Quelles sont vos perspectives d’évolution ?

Les perspectives sont bonnes dans le sens où qu’il y a des opportunités qui viennent. Il y a de plus en plus un besoin d’information sur le marché. Et ce sont ces besoins-là en termes d'information, des statistiques que nous devons être en mesure de pouvoir satisfaire en plus des études de marché classiques telles les enquêtes d’images, des bilans de communication, les perceptions des marques qu’on a l’habitude de le faire. Au-delà de ces enquêtes standards, nous sommes appelés à devenir un data provider. Une structure qui propose différentes informations pour permettre aux entreprises d'être plus compétitives. Il y a des moins en moins des barrières entre les différents pays lorsqu’on mène des enquêtes en ligne. Voilà pourquoi les études documentaires et en ligne nous permettront également de proposer des services dans d’autres pays.

Quel message adressez-vous au personnel de votre entreprise à l’occasion de ces 10 ans et à ces nombreux jeunes qui envisagent de lancer leurs carrières dans les études de marchés ?

Le premier message est de dire : merci à tout le personnel de Target. Malgré la baisse du volume d’activités en lien avec le Covid-19, le personnel a continué à se sacrifier et à chercher à donner le meilleur de lui-même. Et nos clients sont satisfaits. Nous sommes dans une industrie qui se réinvente continuellement. C’est pourquoi nous devons être suffisamment ouverts d’esprit pour continuer à nous former et nous adapter afin d’éviter la routine. Quant aux jeunes intéressés par les études de marché, ils doivent savoir que c'est un métier passionnant qui permet d’engranger des connaissances dans beaucoup de domaines à la fois. Ce n'est pas du jour au lendemain qu’on maitrise les études de marché. Il faut fournir beaucoup de sacrifices, et surtout perfectionner son anglais. Ce métier a de l’avenir parce qu’on aura toujours besoin de données, de statistiques, et d'analyses.

Vendredi, 15 Octobre, 2021 - 12:39